Chartreux de Griselaine - Elevage Familial de Chartreux
Les moments merveilleux de mon enfance...
Je les dois aux bêtes. Je suis née en effet animée d’un profond amour pour la gente animale à mon grand bonheur mais aussi à mon grand malheur car ni ma mère ni ma famille ne réussirent à me comprendre.
A la maison de mon enfance passée à Senlis, j’ai eu la chance d’avoir une belle minette très raffinée, marron, beige et noir à poils mi-longs (on disait qu’elle était angora) et qui répondait au nom de Douce Minette. A table, elle était toujours assise à mes côtés et sa patte m’attrapait délicatement le bras afin que je lui donne un brin de viande. Agréables moments !
J’adorais aussi la gente canine et je réclamais un toutou à ma mère. Hélas la réponse était si froidement négative que je n’arrivais pas à échapper au blues ...
Certains dimanches, je les passais enfin heureuse chez les cousins de Compiègne à batifoller dans leur vaste jardin avec Fuca, épagneul breton, qui se réjouissait elle aussi de pouvoir se défouler loin du chenil où elle vivait.
Un soir dans la grande cour aux pavés tortueux de notre demeure, je trouvais un chat gris maigre et perdu. Bien sûr je le nourrissais mais au bout d’un mois je me coupais dans la porte vitrée de la buanderie où il s’abritait. Rien de grave pourtant mais mes parents firent aussitôt disparaître ce chat que j’avais baptisé Mistigri. Je me lamentais à son sujet mais je n’eus aucune explication. Dure époque ! A partir de ce moment là, j’ai voué aux chats gris un amour immense.
Puis je me mariais, je m’occupais de mes deux enfants, Laurence et Olivier mais la vie est difficile et une séparation s’ensuivit. J’ai pu avoir plusieurs chats, la plupart abandonnés surtout après mon divorce. Je recueillis mon chat Hugo tout blanc avec comme signe distinctif une queue grise. Il ne supportait pas la vie en appartement quand je l’adoptais. J’ai vite accueilli mon chien Bobby blanc et noir complètement traumatisé car ses maîtres n’en voulaient plus ayant eu un enfant. Hugo et Bobby nous ont quitté fin 2008 à l'âge de 16 ans et demi et ont rejoint le paradis des bêtes.
Mais il fallait rembourser le crédit de mon pavillon et j’acceptais de garder des petits chiens à la grande joie de Bobby. 
Je commençais à garder un ou deux chats, puis de plus en plus. Je voulais pour eux une belle pension afin d’éviter toute fugue et depuis mon enfance, je rêvais d’un petit élevage de chats gris. Je choisis la race du chartreux, une race naturelle non fabriquée au caractère gentil, paisible et suffisamment indépendant pour supporter sans problème quelques moments de solitude. De plus elle vient en troisième position dans les goûts des Français après les persans, suivie par les siamois et sacrés de Birmanie. Mais la vie a ses contingences ; il a fallu patienter. Aidée par la succession de ma famille, je pus enfin réaliser mon rêve et l'année 2001 vit la construction de la pension Mistigri.
Quelles satisfactions pour moi de voir les chats heureux et leurs propriétaires enchantés mais que de soins, que de sueurs aussi !
Suivant les aimables conseils de Jean Simonnet, président du Club du Chat des Chartreux, je pus m’offrir l’année suivante Toscane du Bosc d’Embouis, chartreuse de haute lignée. Je fus très fière d’avoir Icare de Guerveur parmi ses descendants, l’un des chats sélectionnés par les demoiselles Léger vers les années 1930.
Ces chats gris de Belle Ile sont à l’origine de la race actuelle et le premier standard de la race apparut en 1939. A la suite des deux guerres mondiales du siècle dernier où le chartreux avait pratiquement disparu, il y eut des mélanges entre le british et le chartreux. Félicitons le travail acharné de Jean Simonnet qui réussit à faire accepter en 1977 la distinction des deux races par la Fédération Féline Internationale.
Peu après, un autre chartreux de haute lignée, Témétêt du Lucius (photo de droite) vint rejoindre la belle Toscane (photo de gauche). Je choisis comme affixe * Griselaine car le poil du chartreux doit être le plus laineux possible. Rappelons que la fourrure du chartreux était utilisée pour faire des robes de chambre et que le nom « chartreux » vient probablement de la « pile des chartreux » qui désignait un tissu de laine d’Espagne.

Je pouvais enfin assouvir ma passion. Bien sûr je considère ceci comme un luxe inouï et je n’oublie pas les bêtes abandonnées.
Je salue Fréïa et ses leçons de yoga qui m’aident à accepter la polyarthrite, résidu des souffrances de mon enfance. Je salue Brigitte Bardot. Son action envers les bêtes et ses réflexions représentent une aide inestimable : « Je remercie ceux qui m’ont appris à vivre à coups de pied dans le cul, qui en me trahissant et en profitant de ma naïveté m’ont entraînée au bord d’un gouffre de désespérance d’où je suis sortie miraculeusement. C’est sur les épreuves qu’on bâtit la réussite si on n’en meurt pas * ».
La vie est un combat, certes pas facile. Rien n’arrive sans efforts et je constate avec satisfaction que cette année me couronne de succès. Je reçois en effet les félicitations des services vétérinaires du Val de Marne. Je considère aussi la réalisation du site comme l’aboutissement de mon travail et je tiens à féliciter Corinne Contat pour son talent.
Mon souhait ? Je voudrais que chacun fasse une petite place pour adopter un petit abandonné. Merci de tout cœur. Veuillez découvrir maintenant cet univers merveilleux où les bêtes et moi-même s’épanouissent heureuses.
* nom d’élevage
* extrait de la préface de « Initiales B.B, mémoires »